Début août, dans un camping de Vendée, il fait encore jour à 21 heures passées. En Guadeloupe, la nuit tombe avant 19 heures en toute saison, et elle tombe vite. Pour une famille habituée aux longues soirées entre les mobil-homes, c’est souvent la première surprise d’un séjour aux Antilles. Elle annonce le reste : passer du camping à la villa ne demande pas plus d’organisation, mais une organisation d’une autre nature.
Des journées qui commencent tôt
Sous les tropiques, le jour se lève tôt et le soleil monte vite. Le plus simple est de caler ses journées dessus : plage ou balade dès le matin, quand la chaleur reste supportable, piscine et sieste à l’ombre aux heures les plus chaudes, puis une deuxième sortie en fin d’après-midi. Entre 11 heures et 15 heures, le rayonnement UV atteint des niveaux bien plus élevés qu’en métropole, même par temps voilé. Le soir, on dîne sur la terrasse avec un répulsif à portée de main, car les moustiques se montrent volontiers à la tombée du jour.
Le décalage horaire joue dans le même sens. Avec cinq heures de différence en hiver et six en été, les enfants se réveillent spontanément à l’aube les premiers jours. Plutôt que de lutter, profitez-en : tôt le matin, les plages de Grande-Terre sont encore calmes et la mer souvent plus lisse.
On ne part plus avec la maison dans le coffre
En camping, la voiture fait office de camion de déménagement : glacière, vaisselle, vélos, parasol et jeux de plage. Pour les Antilles, tout doit tenir dans des valises dont le poids est limité par la compagnie aérienne. Heureusement, une villa est tout sauf un emplacement nu. La cuisine est équipée, le linge de maison généralement fourni, et il suffit de vérifier sur l’annonce ce qui l’est ou non.
La place dans la valise revient plutôt à ce qui coûte plus cher sur place ou se trouve difficilement au dernier moment : la crème solaire, des lycras anti-UV pour les enfants, des chaussures d’eau pour les fonds rocheux où vivent les oursins, une petite pharmacie. La voiture, elle, se loue à l’arrivée. Impossible de s’en passer : depuis la plupart des villas, on ne rejoint à pied ni la plage ni les commerces.
Ni supérette à l’entrée ni club enfants
Le camping est un petit village de services, avec son accueil, son pain du matin, son snack et ses animations. La villa offre l’inverse : une liberté totale et aucune intendance assurée. Il faut prévoir les courses en voiture, dans des magasins où l’alimentation coûte plus cher qu’en métropole, et s’organiser pour le pain. Chaque bourg a sa boulangerie, mais rarement à deux pas de la piscine.
Le club enfants disparaît, les occupations restent. Masque et tuba sur la plage de Malendure, où l’on croise souvent des tortues, kayak dans la mangrove, baignade dans les bassins naturels des rivières de Basse-Terre, à éviter absolument après de fortes pluies à cause des crues soudaines : l’île est un terrain de jeu immense, à condition d’accepter de faire de la route. Prévoyez aussi une ou deux journées par semaine sans voiture, à la maison. Les enfants les réclament souvent plus que les parents.
La piscine privée change la façon de surveiller
Au camping, l’espace aquatique a ses horaires, son règlement et du monde autour. À la villa, le bassin reste accessible du matin au soir, sans personne d’autre que vous. Depuis la loi du 3 janvier 2003, les piscines enterrées privées, y compris celles des locations saisonnières, doivent être équipées d’un dispositif de sécurité normalisé : barrière, alarme, couverture ou abri. Si vos enfants sont jeunes et que vous réservez une villa avec piscine en Guadeloupe, demandez lequel équipe le bassin. Une barrière bien fermée laisse les parents plus tranquilles, alors qu’une alarme ne protège que si elle est réactivée après chaque baignade.
La mer demande la même attention. Les lagons du sud de Grande-Terre, à Sainte-Anne ou à Saint-François, sont calmes et peu profonds. Les côtes tournées vers l’Atlantique, du côté du Moule ou d’Anse-Bertrand, connaissent en revanche des vagues et des courants qui imposent plus de prudence avec des enfants.
Gardez enfin le réflexe de la lampe frontale, l’un des rares accessoires de camping qui mérite sa place dans la valise. Les chemins qui mènent à certaines villas ne sont pas éclairés, la nuit arrive tôt, et un gros orage tropical peut provoquer une coupure de courant. Si vous voyagez pendant le week-end de Pâques, vous croiserez d’ailleurs des tentes : beaucoup de familles guadeloupéennes campent alors sur les plages, autour du traditionnel matété de crabes.
